samedi 28 novembre 2009

Un petit érable rouge remarquable.



Montréal , Québec , fin novembre .

Il n'y a pas que les gros et les vieux arbres qui soient remarquables.

Il y a aussi ces petits phénomènes qui poussent spontanément et dont les feuilles rouges persistent alors que la plupart des autres arbres sont totalement dépouillés.

L'acer rubrum , l'érable rouge compte parmi les quelques sortes d'érables à sucre dont ont recueille la sève au pritemps pour en faire le célèbre sirop d'érable . Les anciens l'appellent plaine rouge ou plaine . Son sirop est moins succulent que celui de l'érable à sucre proprement dit mais il s'agit d'un flamboyant automnal exceptionnel qui orne les forêts de l'est de l'Amérique du Nord.

Les amérindiens s'en servaient pour teindre en rouge . Sa feuille se différencie de celle de l'érable à sucre par ses dents et sa couleur uniquement rouge à l'automne .

Ici ce spécimen croît spontanément , il en est sûrement qu'à sa première année . Une samare (nom du fruit de l'érable ) a trouvé une terre fertile où s'enraciner .

Nous sommes dans le quartier populaire de Sainte-Marie anciennement appelé ''le faubourg à m'lasse '' nommé ainsi à cause des anciens énormes conteneurs dans lesquels l'on entreposait la mélasse tout près du port .

Ce quartier préserve des terrains avec des clôtures ainsi que des ruelles facilitant la croissance d'une flore spontanée. Il est bon de s'y promener en ayant les yeux bien ouvert , c'est ainsi que notre regard a été attiré par ce petit arbre rougeoiyant .

On peut considérer ces derniers comme des petites perles vives d'avant l'hiver . Bientôt tout sera recouvert d'une infinie nappe blanche . Si la neige est prompte et prochaine il sera possible de contempler cet arbre rouge sur un fond blanc pour un bref moment .

Cette année le mois de novembre fut remarquable par sa clémence voilà pourquoi il est possible d'observer un tel phénomène . Un petit érable rouge est en soi chose exceptionnelle mais pouvoir encore l'admirer à pareille date alors que tous les autres arbres sont dénudés est très certainement remarquable !

lundi 23 novembre 2009

L'arbre aux araignées d'or ou l'Hamamélis de Virginie.


Rares sont les arbres qui fleurissent à cette période de l'année et pourtant il y en a un qui produit de multiple petites fleurs jaunâtre que certains appellent l'arbre aux araignées d'or .

Il est vrai que ces fleurs rappellent la silhouette de l'araignée. Il est vrai aussi qu'on aperçoit cet arbre que très rarement.

L'Hamamélis de Virginie , Hamamelis virginiana , est son vrai nom.

Je ne m'attendais pas à trouver ce dernier ce matin dans ma ruelle favorite où j'ai passé maintes et maintes fois !


Après y avoir vu le rare Châtaignier d'Amérique ainsi que le majestueux Tulipier de Virginie voilà maintenant l' Hamamélis !

Cette ruelle est un secret bien gardé qu'on ne révèle qu'à ses bons amis . Et bien je considère que toute personne ami des arbres est un bon ami . Voilà donc les coordonnées de la dite ruelle : entre les rues Mentana et St-André sur le Plateau Mt-Royal .

Vous y trouverez une grande variété de plantes , d'arbustes et d'arbres . Je ne connais pas plus varié à Montréal .

Il serait si riche d'intégrer ce petit bout de territoire dans l'enseignement primaire et secondaire des écoles du quartier . Refaire revivre les écoles de la route dont parlait le frère Marie-Victorin serait si approprié par les temps qui court .




Les propriétés anti-cicatrisante de l'Hamamélis étaient bien connu des amérindiens qui l'apprirent aux colons lesquelles s'en servirent dans les lotions après-rasage . Aujourd'hui l'Hamamélis occupe une place de choix dans la confection des lotion après rasage que l'on retrouve sur le marché .

L'arbre aux araignées d'or fleuri d'octobre à novembre , n'est-ce pas là chose étonnante ! Quel secret de l'évolution se cache derrière un tel phénomène ?

Tout cela étant dit nous considérons ce spécimen comme un arbre remarquable qui se laisse contempler que par ceux et celles qui marchent d'un pas lent et discret et qui observe avec des yeux de lynx .

samedi 14 novembre 2009

Le polypore soufré , quel champignon remarquable!

On a jamais terminé de découvrir les merveilles de la nature sur le Mt-Royal. Arbres , plantes , mammifères , oiseaux , roches , paysages , insectes ,... . Les champignons ont ceci de particulier qu'ils ont des formes variées et étonnantes aux couleurs parfois flamboyantes comme le polypore soufré aux teintes oranges vifs .

On appelle les champignons poussant sur les arbres des polypores . Ce gros spécimen de polypore soufré croît sur un vieux chêne du cimetière Mt-Royal . Il est simple de l'identifier , sa grosseur et l'intensité de sa couleur attire l'attention .

La première fois qu'on aborde ce phénomène de la nature on reste hébété , il y a une crainte qui se soulève du dedans , on se dit qu'il vaudrait mieux ne pas trop s'en approcher et surtout pas le toucher . Cette peur de l'inconnu et de la toxicité de certains champignons est commune chez beaucoup de personne.

Pourtant ici , rien à craindre . Ce gros morceau est sans danger , il est même comestible . On le vend au marché Jean-Talon !

N'est-il pas une source d'inspiration pour le peintre ?

Quel est l'histoire du polypore soufré ... pourquoi l'évolution a-t-elle produit une telle couleur ?

En tout cas ce chêne est remarquable par sa merveilleuse parure . La fascination suscité par ce polypore en font un arbre exceptionnel de la montagne , un monument vivant sur son déclin , une oeuvre d'art en transformation qui retournera bientôt à la terre .

Oui , il y a tant à découvrir sur le Mt-Royal !

mardi 3 novembre 2009

Les trois mélèzes du Japon du Parc Joyce , trois poèmes purs .



Au Parc Joyce , à Outremont , on peut contempler trois mélèzes du Japon, les plus gros du Québec , trois poèmes purs au feuillage doré .


Je pourrais dire ceci ou cela de ces arbres , mais il y a des moments où le regard dépouillé de toutes pensées offre un rafraichissement sans pareil.


Ces mélèzes ouvrent la porte de l'univers de la beauté. Alors que la plupart des autres arbres ont perdus leurs feuillages ceux-ci flamboient les dernières étincelles de couleur dans le ciel automnal.


Ces trois poèmes ramènent à l'essentiel. Ils transparaissent une certaine transcendance . Le fait de les contempler est un acte créateur comme diraient certains sages .

Allez artiste du monde ... ouvrir cette porte !

mardi 27 octobre 2009

Un mélèze et un frêne noir vestiges des anciens milieux humides du Mt-Royal ?




Ce mélèze , larix laricina , du cimetière Mt-Royal est probablement le plus gros de Montréal. S'agit-il d'un vestige de la forêt originelle ou a-t-il été planté après 1874 date à laquelle une mouche-à-scie décima presque entièrement cette espèce ?

Le mélèze ne supporte guère l'ombre voilà pourquoi il affectionne les tourbières et les milieux humides . Cet arbre descend peut-être d'un mélèze qui a grandi dans un de ces milieux humides de la montagne il y a des centaines d'années.

Il est complètement à part sur le Mt-Royal. Nul autre mélèze de cette dimension ! Est-il un survivant de ce fléau dont on a parlé plus haut ?

Tout compte fait il s'agit possiblement d'un arbre , d'un artéfact vivant , relié à la vie des cours d'eau aujourd'hui disparus de la montagne .



De même en ce qui concerne ce frêne noir, autre essence qui croît dans les milieux humides. Ce spécimen atteint une très grande dimension que nous n'avons guère l'habitude de voir . Serait-il lui aussi descendant d'un spécimen dont la vie aurait été immergé dans un des marécages originels du Mt-Royal ?

Voilà autant de questions qui amènera le randonneur à regarder cet environnement sous un jour nouveau. Ces deux présences remarquables du cimetière Mt-Royal , le mélèze et le frêne noir , témoignent peut-être d'une histoire ininterrompue qui se perd dans la nuit des temps !

Trois feuillages remarquables , frais du jour .


Petit chêne rouge.



Feuille de peuplier à grandes dents.


Feuille de vinaigrier.

lundi 26 octobre 2009

Le très remarquable chêne blanc de Ville Mont-Royal .

Ce chêne blanc ( quercus alba ) du 398 Glengarry à Ville Mont-Royal est un artéfact de plus de 200 ans du passé de ce territoire relevant autrefois du village de St-Laurent. En 2007 il fut désigné comme le plus bel arbre sur un terrain privé à Ville Mont-Royal.

Le chêne blanc , quercus alba, est le plus rare et le plus précieux de nos chênes indigènes. Tandis que le chêne rouge domine sur le Mont-Royal et que le chêne à gros fruits se laisse voir dans toute sa splendeur à quelques endroits dont le chemin Senneville, le chêne blanc , lui , semble absent , on dirait qu'il s'est retiré du territoire . Pour ce qui est du chêne bicolore , on le retrouve sporadiquement sur Montréal.

À une certaine époque, quantité de chênes blancs et de chênes à gros fruits de la vallée du Richelieu furent expédiés vers les pays tropicaux . Ces derniers furent très prisés pour la construction navale. Il ne reste plus que quelques peuplements de chêne blanc au Québec. Les plus beaux , ceux du Parc de la Gatineau en Outaouais , sont protégés .



L'écorce du chêne blanc fut utilisé pour le tannage des peaux. De plus , les amérindiens s'en servaient en médecine traditionnelle pour traiter les hémorroïdes , les coupures mineures , la congestion des sinus et bien d'autres maux.


Tout près de notre magnifique arbre , une maison bi-centenaire , la plus vieille de ville Mont-Royal. Située au croisement de la rue Glengarry et du Boul. Graham elle témoigne discrètement de l'époque agraire . Le ruisseau de Côte-des-Neiges devait couler tout près selon l'axe reliant le village de Côte-des-Neiges à celui de St-Laurent .

Il reste à savoir si le chêne blanc en question est un vestige d'un boisé lui même vestige de la forêt originelle où bien s'il fut simplement planté sur une terre agricole , possiblement sur la terre appartenant aux propriétaires d'alors de cette maison historique.

Comme ce chêne a un port dont les branches ont poussés aux quatre vents nous supposons qu'il fut planté car s'il provenait d'un boisé son tronc serait plus haut et droit. De plus , les glands de cet arbre sont comestibles ...

Nous n'avons encore pas vu pareil quercus alba sur Montréal et dans ses environs. L'amateur d'arbre qui voit ce spécimen pour la première fois s'extasiera . Il vivra une expérience d'une grande richesse . Ce sera un petit secret , une petite perle logée au fond de son être qu'il saura partagé sobrement à ses amis(es).