jeudi 3 décembre 2009

Le remarquable petit peuplier du Canada du Vieux-Montréal .


Ce peuplier est né à la lumière du jour cet été . Ici en juin sur la rue de Brésoles dans le Vieux-Montréal il n'y avait pas de verdure . On ne le voyait pas encore cet arbre mais la terre écrivait déjà ses contours embryonnaires . Un matin il apparu en silence discrètement . Les humains ont poursuivi leurs tâches quotidiennes , peut-être quelques-uns ont-ils remarqués ce phénomène ?


Le peuplier du Canada ou peuplier deltoïde est le plus grand des arbres de Montréal. Il a aussi une autre caractéristique qui lui est propre. En effet , il est celui qui conserve ses feuilles le plus tardivement à l'automne parmi nos arbres indigènes .


De plus il est l'arbre pionnier par excellence dans le sud du Québec . Il est partout présent où les conditions sont propices à sa croissance . Un terrain vague sans peuplier est chose rare . La moindre fente dans le béton lui est un terreau favorable . Ici ce petit carré de terre a sûrement trouvé grâce à une grande quantité de semences du populus deltoïdes.

De même ce bout de territoire fut favorable à l'implantation des pionniers venus de France en 1642 . C'est tout près d'ici que Ville-Marie vit le jour . Une plaque juste à côté de notre petit arbre indique que le premier hôpital y fut érigé . Il y avait alors un sentier dans la fôret et les premières rues prenaient formes.

Malgré les embûches les colons ont défriché cette terre et s'y sont perpétué.

Qu'adviendra-t-il de notre arbre nouvellement né ? Les déneigeuses vont-elles l'arracher de ses premières racines ? Sa vie est précaire . Il est le seul représentant du monde végétal dans cet environnement armé d'asphalte et de béton .

Cet arbre s'inscrit déjà dans l'histoire, dans la petite histoire des choses semblant anodine mais qui a beaucoup à nous apprendre . Si pour une quelconque raison Montréal venait à se déserter les peupliers règneraient pour un certain temps , ils deviendraient les colonnes d'une nouvelle forêt à venir .

Notre petit peuplier de la rue de Brésoles serait alors un de Maisonneuve dans ces terres vierges en verdure .

( dessin du premier hôpital de Montréal à l'emplacement même où pousse le peuplier en question)

samedi 28 novembre 2009

Un petit érable rouge remarquable.



Montréal , Québec , fin novembre .

Il n'y a pas que les gros et les vieux arbres qui soient remarquables.

Il y a aussi ces petits phénomènes qui poussent spontanément et dont les feuilles rouges persistent alors que la plupart des autres arbres sont totalement dépouillés.

L'acer rubrum , l'érable rouge compte parmi les quelques sortes d'érables à sucre dont ont recueille la sève au pritemps pour en faire le célèbre sirop d'érable . Les anciens l'appellent plaine rouge ou plaine . Son sirop est moins succulent que celui de l'érable à sucre proprement dit mais il s'agit d'un flamboyant automnal exceptionnel qui orne les forêts de l'est de l'Amérique du Nord.

Les amérindiens s'en servaient pour teindre en rouge . Sa feuille se différencie de celle de l'érable à sucre par ses dents et sa couleur uniquement rouge à l'automne .

Ici ce spécimen croît spontanément , il en est sûrement qu'à sa première année . Une samare (nom du fruit de l'érable ) a trouvé une terre fertile où s'enraciner .

Nous sommes dans le quartier populaire de Sainte-Marie anciennement appelé ''le faubourg à m'lasse '' nommé ainsi à cause des anciens énormes conteneurs dans lesquels l'on entreposait la mélasse tout près du port .

Ce quartier préserve des terrains avec des clôtures ainsi que des ruelles facilitant la croissance d'une flore spontanée. Il est bon de s'y promener en ayant les yeux bien ouvert , c'est ainsi que notre regard a été attiré par ce petit arbre rougeoiyant .

On peut considérer ces derniers comme des petites perles vives d'avant l'hiver . Bientôt tout sera recouvert d'une infinie nappe blanche . Si la neige est prompte et prochaine il sera possible de contempler cet arbre rouge sur un fond blanc pour un bref moment .

Cette année le mois de novembre fut remarquable par sa clémence voilà pourquoi il est possible d'observer un tel phénomène . Un petit érable rouge est en soi chose exceptionnelle mais pouvoir encore l'admirer à pareille date alors que tous les autres arbres sont dénudés est très certainement remarquable !

lundi 23 novembre 2009

L'arbre aux araignées d'or ou l'Hamamélis de Virginie.


Rares sont les arbres qui fleurissent à cette période de l'année et pourtant il y en a un qui produit de multiple petites fleurs jaunâtre que certains appellent l'arbre aux araignées d'or .

Il est vrai que ces fleurs rappellent la silhouette de l'araignée. Il est vrai aussi qu'on aperçoit cet arbre que très rarement.

L'Hamamélis de Virginie , Hamamelis virginiana , est son vrai nom.

Je ne m'attendais pas à trouver ce dernier ce matin dans ma ruelle favorite où j'ai passé maintes et maintes fois !


Après y avoir vu le rare Châtaignier d'Amérique ainsi que le majestueux Tulipier de Virginie voilà maintenant l' Hamamélis !

Cette ruelle est un secret bien gardé qu'on ne révèle qu'à ses bons amis . Et bien je considère que toute personne ami des arbres est un bon ami . Voilà donc les coordonnées de la dite ruelle : entre les rues Mentana et St-André sur le Plateau Mt-Royal .

Vous y trouverez une grande variété de plantes , d'arbustes et d'arbres . Je ne connais pas plus varié à Montréal .

Il serait si riche d'intégrer ce petit bout de territoire dans l'enseignement primaire et secondaire des écoles du quartier . Refaire revivre les écoles de la route dont parlait le frère Marie-Victorin serait si approprié par les temps qui court .




Les propriétés anti-cicatrisante de l'Hamamélis étaient bien connu des amérindiens qui l'apprirent aux colons lesquelles s'en servirent dans les lotions après-rasage . Aujourd'hui l'Hamamélis occupe une place de choix dans la confection des lotion après rasage que l'on retrouve sur le marché .

L'arbre aux araignées d'or fleuri d'octobre à novembre , n'est-ce pas là chose étonnante ! Quel secret de l'évolution se cache derrière un tel phénomène ?

Tout cela étant dit nous considérons ce spécimen comme un arbre remarquable qui se laisse contempler que par ceux et celles qui marchent d'un pas lent et discret et qui observe avec des yeux de lynx .

samedi 14 novembre 2009

Le polypore soufré , quel champignon remarquable!

On a jamais terminé de découvrir les merveilles de la nature sur le Mt-Royal. Arbres , plantes , mammifères , oiseaux , roches , paysages , insectes ,... . Les champignons ont ceci de particulier qu'ils ont des formes variées et étonnantes aux couleurs parfois flamboyantes comme le polypore soufré aux teintes oranges vifs .

On appelle les champignons poussant sur les arbres des polypores . Ce gros spécimen de polypore soufré croît sur un vieux chêne du cimetière Mt-Royal . Il est simple de l'identifier , sa grosseur et l'intensité de sa couleur attire l'attention .

La première fois qu'on aborde ce phénomène de la nature on reste hébété , il y a une crainte qui se soulève du dedans , on se dit qu'il vaudrait mieux ne pas trop s'en approcher et surtout pas le toucher . Cette peur de l'inconnu et de la toxicité de certains champignons est commune chez beaucoup de personne.

Pourtant ici , rien à craindre . Ce gros morceau est sans danger , il est même comestible . On le vend au marché Jean-Talon !

N'est-il pas une source d'inspiration pour le peintre ?

Quel est l'histoire du polypore soufré ... pourquoi l'évolution a-t-elle produit une telle couleur ?

En tout cas ce chêne est remarquable par sa merveilleuse parure . La fascination suscité par ce polypore en font un arbre exceptionnel de la montagne , un monument vivant sur son déclin , une oeuvre d'art en transformation qui retournera bientôt à la terre .

Oui , il y a tant à découvrir sur le Mt-Royal !

mardi 3 novembre 2009

Les trois mélèzes du Japon du Parc Joyce , trois poèmes purs .



Au Parc Joyce , à Outremont , on peut contempler trois mélèzes du Japon, les plus gros du Québec , trois poèmes purs au feuillage doré .


Je pourrais dire ceci ou cela de ces arbres , mais il y a des moments où le regard dépouillé de toutes pensées offre un rafraichissement sans pareil.


Ces mélèzes ouvrent la porte de l'univers de la beauté. Alors que la plupart des autres arbres ont perdus leurs feuillages ceux-ci flamboient les dernières étincelles de couleur dans le ciel automnal.


Ces trois poèmes ramènent à l'essentiel. Ils transparaissent une certaine transcendance . Le fait de les contempler est un acte créateur comme diraient certains sages .

Allez artiste du monde ... ouvrir cette porte !

mardi 27 octobre 2009

Un mélèze et un frêne noir vestiges des anciens milieux humides du Mt-Royal ?




Ce mélèze , larix laricina , du cimetière Mt-Royal est probablement le plus gros de Montréal. S'agit-il d'un vestige de la forêt originelle ou a-t-il été planté après 1874 date à laquelle une mouche-à-scie décima presque entièrement cette espèce ?

Le mélèze ne supporte guère l'ombre voilà pourquoi il affectionne les tourbières et les milieux humides . Cet arbre descend peut-être d'un mélèze qui a grandi dans un de ces milieux humides de la montagne il y a des centaines d'années.

Il est complètement à part sur le Mt-Royal. Nul autre mélèze de cette dimension ! Est-il un survivant de ce fléau dont on a parlé plus haut ?

Tout compte fait il s'agit possiblement d'un arbre , d'un artéfact vivant , relié à la vie des cours d'eau aujourd'hui disparus de la montagne .



De même en ce qui concerne ce frêne noir, autre essence qui croît dans les milieux humides. Ce spécimen atteint une très grande dimension que nous n'avons guère l'habitude de voir . Serait-il lui aussi descendant d'un spécimen dont la vie aurait été immergé dans un des marécages originels du Mt-Royal ?

Voilà autant de questions qui amènera le randonneur à regarder cet environnement sous un jour nouveau. Ces deux présences remarquables du cimetière Mt-Royal , le mélèze et le frêne noir , témoignent peut-être d'une histoire ininterrompue qui se perd dans la nuit des temps !

Trois feuillages remarquables , frais du jour .


Petit chêne rouge.



Feuille de peuplier à grandes dents.


Feuille de vinaigrier.